Le mouvement “Playing for change” veut faire changer le monde en musique, apporter un peu de paix que ce soit en fournissant à des musiciens les outils pour exercer leur art ou en ouvrant des écoles à travers le monde. Ils ont eu la bonne idée d’en faire un documentaire, et l’encore meilleure idée de faire jouer des morceaux par des groupes à travers le monde, chacun ajoutant sa touche au fur et à mesure.
Ça donne, pour leur premier opus, une superbe reprise de Stand By Me qui s’étale de la Californie au Congo en passant par la Nouvelle Orléans, Amsterdam, l’Afrique du Sud, Toulouse, Rio, Moscou, Caracas, Pise ou encore Barcelone.
C’est beau, c’est en vidéo et le site est par là : playing for change ..
mercredi 26 novembre 2008
jeudi 20 novembre 2008
Platinium & LSD
C'est encore plein plein d'images que je vous offre ! 80 pour être exact .. On commence avec LSD un studio Italien et 40 de leurs plus belles retouches photo ..
Et comme j'en ai annoncé 80, On continu avec une série de 40 photos sélectionnés par platinium un studio brésilien ..
Et comme j'en ai annoncé 80, On continu avec une série de 40 photos sélectionnés par platinium un studio brésilien ..
mercredi 19 novembre 2008
LIFE
On en parle un peu partout, LIFE, le magazine Américain a commencé a publier sa collection (qui doit s’élever à peu près à 10 millions d’images d’archives ...) de 1750 à aujourd’hui dont une grande partie n’a jamais été publiée ! Des idées de recherches ? Picasso, Marylin, Marie Curie, Appollo, Mc Queen ...
Il suffit d'ajouter "source:life" dans sa recherche google ... actuellement c'est 20% de leur collection que vous pouvez admirer, "le reste arrivant dans les mois qui viennent" ..
mardi 18 novembre 2008
Moleskin'art
Tout le monde connaît les carnets Moleskine pour avoir été utilisé par Vincent Van Gogh ou encore Pablo Picasso ... Mort en 1986 et ressuscité en 1998, le Moleskine poursuit cette appartenance forte au monde artistique et heureusement j'ai envie de dire ! Ce petit carnet inspire, et pour preuve ce petit site : ’skine.art où vous retrouverez des «instantanés» d'aventures, de voyage ... Moi j'adore ;)
vendredi 14 novembre 2008
Star Wars
La publication des premiers storyboards Star Wars sur Flickr devrait en émoustiller plus d'un ! Je suis pas spécialement "fan" même si j'aime bien les films .. Mais ce genre de publications j'adore !
Update : plus de storyboard ! mais des photos des coulisses ..
jeudi 13 novembre 2008
mercredi 5 novembre 2008
Obama
Je ne voulais pas en parler, ne serait ce parce que tout le monde en parle ! Mais ça y est le démocrate Barack Obama a (enfin !) remporté sa victoire historique, devenant le premier Noir élu président des États-Unis (40 ans après le rêve et l'assassinat de Martin). Il a remporté la Pennsylvanie, l'Ohio, la Virginie, le Colorado et la Floride, c'est-à-dire quasiment tous les États en balance. La défaite est sévère pour les Républicains !
Barack est désormais le 44ème président des Etats-Unis. "Cette nuit, grâce à ce que nous avons fait, le changement est arrivé en Amérique." a-t-il déclaré ce soir devant la foule énorme de ses supporters réunis au Grant Park de Chicago. John McCain, son rival républicain, a reconnu sa défaite, depuis l'Arizona. "Les Américains ont parlé clairement (...), a-t-il déclaré dans un discours ponctué d'éloges sur la personnalité de Barack Obama. Je reconnais la signification de cette élection pour les électeurs afro-américains" et le W. s'est aussi exprimé : " Profitez en bien nous dit il ! " pauvre W ... Côté démocrate, l'événement historique a été salué par une foule énorme et enthousiaste à Chicago, rassemblée à Grant Park ... Enthousiasme, on le savait déjà, sorti des frontières américaines puisque jusqu'à paris notre chère capitale des milliers de gens ont pu crier leur joie au trocadero !! Attendons de voir maintenant, il prend ses fonctions le 20 Janvier... Et promis j'en parle plus sauf si le premier "président noir" des états unis déclare une énième guerre à je ne sais qui (improbable je sais !) Quoi qu'il en soit on est content Mr Obama et je vous souhaite tout le courage du monde ... Entre Irak, Récession, Santé etc, votre chemin est long et tortueux ... But yes, you can ! De belles images ici ...
Et pour l'occasion le discours de Martin luther prononcé en 1963 en intégralité sous titré français pour celles et ceux qui ne s'y sont jamais intéressé ! ;) ...
Barack est désormais le 44ème président des Etats-Unis. "Cette nuit, grâce à ce que nous avons fait, le changement est arrivé en Amérique." a-t-il déclaré ce soir devant la foule énorme de ses supporters réunis au Grant Park de Chicago. John McCain, son rival républicain, a reconnu sa défaite, depuis l'Arizona. "Les Américains ont parlé clairement (...), a-t-il déclaré dans un discours ponctué d'éloges sur la personnalité de Barack Obama. Je reconnais la signification de cette élection pour les électeurs afro-américains" et le W. s'est aussi exprimé : " Profitez en bien nous dit il ! " pauvre W ... Côté démocrate, l'événement historique a été salué par une foule énorme et enthousiaste à Chicago, rassemblée à Grant Park ... Enthousiasme, on le savait déjà, sorti des frontières américaines puisque jusqu'à paris notre chère capitale des milliers de gens ont pu crier leur joie au trocadero !! Attendons de voir maintenant, il prend ses fonctions le 20 Janvier... Et promis j'en parle plus sauf si le premier "président noir" des états unis déclare une énième guerre à je ne sais qui (improbable je sais !) Quoi qu'il en soit on est content Mr Obama et je vous souhaite tout le courage du monde ... Entre Irak, Récession, Santé etc, votre chemin est long et tortueux ... But yes, you can ! De belles images ici ...
Et pour l'occasion le discours de Martin luther prononcé en 1963 en intégralité sous titré français pour celles et ceux qui ne s'y sont jamais intéressé ! ;) ...
Ha les codes sources ...
Alors que le ministère assure que "la suspension temporaire de l’accès Internet ne porte en elle-même atteinte à aucune liberté fondamentale : il s’agit d’une mesure d’ores et déjà couramment prononcée par le juge" ... Régulièrement questionnés à ce sujet lorsqu'ils ont évoqué par le passé ce même argument, les ayants droit n'ont jamais su indiquer la moindre référence d'une quelconque décision judiciaire de suspension d'un abonnement à Internet ...
Le site internet Jaimelesartistes.fr ouvert par les pouvoirs publics cache en tout cas difficilement son affiliation avec des sociétés commerciales qui ont intérêt à voir le projet de loi adopté. Rien ne transparait visuellement sur le site, si ce n'est un lien vers la pétition très douteuse de la Sacem, qui trahit déjà une certaine consanguinité. Mais nombre de partenaires privés semblent avoir été retirés à la dernière minute du site internet. Lorsque l'on regarde le code source des pages, on découvre en effet une liste cachée de partenaires qui ont probablement aidé au financement du site : Canal+, M6, France Télévisions, TF1, Disqueenfrance (SNEP), UPFI, Sacem, SACD, SCAM, ARP, USPA, Neuf Cegetel, Numericable, Telecom Italia, et Orange. L'opérateur Free, qui a renié les accords Olivennes, n'en fait pas partie. Par ailleurs, les vidéos du site ont été produites par la SACD, un puissant lobby de l'industrie cinématographique ...
On ne saurait dire pourquoi tout ce code a été désactivé. Est-ce l’énormité que constitue le fait de laisser sponsoriser une loi par ceux-là mêmes qui vont en profiter financièrement, qui a fini par sauter aux yeux de certains? Reste qu’après la publication de l’article de Numérama, cette partie du code-source a été tout simplement effacée, preuve de l’embarras qu’a causé cette découverte ...
mardi 4 novembre 2008
PhotonSynthese !
C’est pas encore sur le marché (forcement, c’est génial..) mais ça vaut le coup d’œil. Cet objet composé de modules qui s’assemblent, dont chaque partie peut tourner sur elle même et ainsi créer une infinité de forme différentes, vous permet de recharger vos batteries grâce a une petite prise jack … c’est Vivien Muller qui a designé cette petite chose (parmi d'autres que vous retrouverez sur son blog ...) C’est beau, innovant, écolo, moi j’attends ça avec impatience !
samedi 1 novembre 2008
mardi 28 octobre 2008
Zarathoustra
Un livre pour tous et pour personne, un poème philosophique, c'est de Friedrich Nietzsche, et ça été publié entre 1883 et 1885.
Si certains ne connaissent pas encore, ou en on juste entendu parlé, Ainsi parlait Zarathoustra se compose de discours, de paraboles, de poésies et de chants répartis en quatre livres. Bien que l'ensemble puisse au premier abord présenter une apparence disparate, Eugen Fink a souligné la forte unité de ce poème. En effet, Zarathoustra commence par annoncer la mort de Dieu, condition préalable à l'enseignement du Surhomme ... Le deuxième livre expose la pensée de la Volonté de puissance, qui est la pensée du dépassement de soi conduisant au Surhomme. Puis le troisième livre tourne autour de l'Éternel Retour, affirmation la plus haute de la Volonté de puissance et idée sélectrice destinée à poser les conditions qui dans l'avenir permettront l'avènement du Surhomme. La dernière partie tourne autour des hommes supérieurs et de la tentation de la pitié qui est pour Nietzsche la tentation nihiliste par excellence. C'est pour Zarathoustra le dernier obstacle à l'affirmation de la vie et le début d'une nouvelle transfiguration, avec laquelle l'œuvre se termine, transfiguration vers l'amour et la joie symbolisés par le lion devenu docile et rieur et entouré d'une nuée de colombes ...
Le texte fut publié par partie. Il n'eut aucun succès, et Nietzsche dut publier la dernière partie à compte d'auteur (1885). Les quatre parties furent publiées ensemble pour la première fois en 1892. Nietzsche s'était fait une haute idée de son livre, et il ne pensait pas que l'on puisse le comprendre avant longtemps. Aussi, face à cette réception inattendue par des personnes qu'il méprisait, il écrivit plus tard, dans Ecce homo (1888) :
« Hélas ! mon Zarathoustra cherche encore cet auditoire [capable de comprendre], il le cherchera longtemps ! »
Si certains ne connaissent pas encore, ou en on juste entendu parlé, Ainsi parlait Zarathoustra se compose de discours, de paraboles, de poésies et de chants répartis en quatre livres. Bien que l'ensemble puisse au premier abord présenter une apparence disparate, Eugen Fink a souligné la forte unité de ce poème. En effet, Zarathoustra commence par annoncer la mort de Dieu, condition préalable à l'enseignement du Surhomme ... Le deuxième livre expose la pensée de la Volonté de puissance, qui est la pensée du dépassement de soi conduisant au Surhomme. Puis le troisième livre tourne autour de l'Éternel Retour, affirmation la plus haute de la Volonté de puissance et idée sélectrice destinée à poser les conditions qui dans l'avenir permettront l'avènement du Surhomme. La dernière partie tourne autour des hommes supérieurs et de la tentation de la pitié qui est pour Nietzsche la tentation nihiliste par excellence. C'est pour Zarathoustra le dernier obstacle à l'affirmation de la vie et le début d'une nouvelle transfiguration, avec laquelle l'œuvre se termine, transfiguration vers l'amour et la joie symbolisés par le lion devenu docile et rieur et entouré d'une nuée de colombes ...
Le texte fut publié par partie. Il n'eut aucun succès, et Nietzsche dut publier la dernière partie à compte d'auteur (1885). Les quatre parties furent publiées ensemble pour la première fois en 1892. Nietzsche s'était fait une haute idée de son livre, et il ne pensait pas que l'on puisse le comprendre avant longtemps. Aussi, face à cette réception inattendue par des personnes qu'il méprisait, il écrivit plus tard, dans Ecce homo (1888) :
« Hélas ! mon Zarathoustra cherche encore cet auditoire [capable de comprendre], il le cherchera longtemps ! »
Albert Jacquard
Parmi les nombreux ouvrages signés par Albert Jacquard, aucun n'a été coiffé d'un titre représentant aussi bien la démarche modeste de l'homme et du penseur que son récent Tentatives de lucidité.
Recueil de ses meilleures chroniques prononcées à France Culture depuis 2001, le livre répond à des questions soulevées par l'actualité et par le discours dominant qu'il s'agit évidemment de déconstruire. Bien que conçus pour la radio, les essais appartiennent sans conteste au genre écrit et rappellent parfois le style très personnel de Montaigne. L'auteur s'y met au centre de ses réflexions, s'inscrivant dans une tradition et une humanité qui inclut tant la préhistoire que les générations futures. Méditant sur des concepts aussi divers que le temps, la guerre et la liberté, il nous donne accès à une parcelle de sa lumineuse lucidité...
La phrase à retenir : " Nous sommes, c'est un fait, les pires prédateurs. Le lendemain de la disparition du dernier homme, beaucoup d'animaux pourront penser : " Ouf ! Enfin tranquilles ! " ...
Albert Jacquard propose ici d'exercer notre lucidité sur quatre-vingts questions parfois anodines, parfois graves, toujours instructives, explicitées dans un langage parfaitement clair et accessible à tous. Au terme de votre lecture il se pourrait que vous ne soyez plus tout à fait le même : plus ouvert sur le monde et sur les autres ... Je vous le conseille vivement !
Albert Jacquard, tentative de lucidité, 2004, 246 pages.
Recueil de ses meilleures chroniques prononcées à France Culture depuis 2001, le livre répond à des questions soulevées par l'actualité et par le discours dominant qu'il s'agit évidemment de déconstruire. Bien que conçus pour la radio, les essais appartiennent sans conteste au genre écrit et rappellent parfois le style très personnel de Montaigne. L'auteur s'y met au centre de ses réflexions, s'inscrivant dans une tradition et une humanité qui inclut tant la préhistoire que les générations futures. Méditant sur des concepts aussi divers que le temps, la guerre et la liberté, il nous donne accès à une parcelle de sa lumineuse lucidité...
La phrase à retenir : " Nous sommes, c'est un fait, les pires prédateurs. Le lendemain de la disparition du dernier homme, beaucoup d'animaux pourront penser : " Ouf ! Enfin tranquilles ! " ...
Albert Jacquard propose ici d'exercer notre lucidité sur quatre-vingts questions parfois anodines, parfois graves, toujours instructives, explicitées dans un langage parfaitement clair et accessible à tous. Au terme de votre lecture il se pourrait que vous ne soyez plus tout à fait le même : plus ouvert sur le monde et sur les autres ... Je vous le conseille vivement !
Albert Jacquard, tentative de lucidité, 2004, 246 pages.
samedi 25 octobre 2008
branding cigarettes
Alors qu'en France, on va coller de gros poumons tout moches sur les paquets, l'Angleterre pense à l'inverse. Dans un gros rapport gouvernemental réfléchissant à la meilleure manière de lutter contre le tabagisme, le ministère de la Santé britannique préconise de déshabiller les paquets de cigarette, oui oui ... Je vous laisse découvrir un article bien plus complet mais en anglais ici et puis sur le blog de l’agence We Made This les fameux paquets imaginé ...
mardi 14 octobre 2008
Jean Gimpel
Voilà un livre dont on ne parle pas souvent. Sorti en 1968 dans l’indifférence générale, Contre l’art et les artistes, de Jean Gimpel, est un court essai, ou un long pamphlet, au thème pour le moins atypique...
Gimpel est à sa manière un réactionnaire, mais pas un de ceux dont on peut traiter la prose par dessus la jambe car son propos n’est pas dicté par un sentimentalisme esthétique envers tel âge d’or de la bourgeoisie ou de l’ancien régime. Les Marc Fumaroli, Alain Finkielkraut, Jean Clair et autres ont chacun une période artistique de référence et effectuent dans leurs écrits de périlleux aller-retours entre les œuvres, les médiums et la morale : la peinture à l’huile est-elle moralement supérieure à la peinture acrylique ? Ce n’est absolument pas le propos de Gimpel qui d’ailleurs ne cite que très peu d’artistes récents et fait en réalité commencer le déclin de l’art occidental à Giotto (1267-1337).
Le livre s’ouvre sur une citation violente que voici :
" Je ne serai pas fonctionnaire, non et non ! En vain mon père essayait-il d’éveiller en moi cette vocations par des peintures de sa propre vie ; elles allaient contre leur objet. J’avais des nausées à penser que je pourrais un jour être prisonnier dans un bureau ; que je ne serais pas le maître de mon temps, mais obligé de passer toute ma vie à remplir des imprimés.
… J’avais alors douze ans… Un jour il me fut évident que je devais devenir peintre, artiste peintre…
Mon père en demeura presque muet.
“Peintre ? Artiste-peintre ?”
Il douta de mon bon sens, crut avoir mal entendu. Mais lorsque mes explications lui eurent montré le caractère sérieux de mon projet, il s’y opposa aussi résolument qu’il pouvait le faire.
“Artiste peintre, non, jamais de la vie !”
Des deux côtés on en resta là. Mon père n’abandonna pas son “jamais” et je confirmai mon “quand même”. "
Au premier abord, il s’agit du récit romantique d’un jeune artiste. Mais ces phrases prennent une autre signification lorsque l’auteur nous apprend que l’auteur de la citation est d’Adolf Hitler et que les phrases ne sortent pas d’un quelconque journal intime d’adolescent perturbé mais sont issues de Mein Kampf. oui oui.
Passée cette brutale entrée en matière, Gimpel raconte, assez bien, comment l’artiste est passé au fil des siècles du statut de simple artisan, maillon de la société au même titre que le boulanger et le charpentier, à celui de sur-homme, de quasi divinité, dégagé de toute obligation morale et dont les caprices sont pardonnés avec une indulgence confondante. Il raconte quel décalage peut exister chez un même artiste entre une œuvre relevant de " l’art pour l’art " soutenue par un discours et des postures tout aussi révolutionnaires, et une pensée et une existence centrées sur une vie toute matérielle et mues par un souci de reconnaissance et d’ascension sociale parfois navrantes ...
Il y a bien dans ce livre une authentique détestation de l’art et des artistes, le titre n’est en rien une exagération. Si l’on en croit la quatrième de couverture de la première édition, Jean Gimpel a décidé un jour de bannir toute œuvre d’art de son existence. Voilà bien le genre de révolte que ne peuvent se permettre que les gens qui ont grandi entourés de tableaux de maîtres !
Pour conclure disons que Contre l’art et les artistes est sans doute un livre à lire, mais à lire en gardant une pleine conscience de ses lacunes et de son caractère excessif et partial (Il y a, au fond, dans tout pamphlet, beaucoup d’amour déçu, écrit Philippe Delaveau en préface à la seconde édition)
Gimpel est à sa manière un réactionnaire, mais pas un de ceux dont on peut traiter la prose par dessus la jambe car son propos n’est pas dicté par un sentimentalisme esthétique envers tel âge d’or de la bourgeoisie ou de l’ancien régime. Les Marc Fumaroli, Alain Finkielkraut, Jean Clair et autres ont chacun une période artistique de référence et effectuent dans leurs écrits de périlleux aller-retours entre les œuvres, les médiums et la morale : la peinture à l’huile est-elle moralement supérieure à la peinture acrylique ? Ce n’est absolument pas le propos de Gimpel qui d’ailleurs ne cite que très peu d’artistes récents et fait en réalité commencer le déclin de l’art occidental à Giotto (1267-1337).
Le livre s’ouvre sur une citation violente que voici :
" Je ne serai pas fonctionnaire, non et non ! En vain mon père essayait-il d’éveiller en moi cette vocations par des peintures de sa propre vie ; elles allaient contre leur objet. J’avais des nausées à penser que je pourrais un jour être prisonnier dans un bureau ; que je ne serais pas le maître de mon temps, mais obligé de passer toute ma vie à remplir des imprimés.
… J’avais alors douze ans… Un jour il me fut évident que je devais devenir peintre, artiste peintre…
Mon père en demeura presque muet.
“Peintre ? Artiste-peintre ?”
Il douta de mon bon sens, crut avoir mal entendu. Mais lorsque mes explications lui eurent montré le caractère sérieux de mon projet, il s’y opposa aussi résolument qu’il pouvait le faire.
“Artiste peintre, non, jamais de la vie !”
Des deux côtés on en resta là. Mon père n’abandonna pas son “jamais” et je confirmai mon “quand même”. "
Au premier abord, il s’agit du récit romantique d’un jeune artiste. Mais ces phrases prennent une autre signification lorsque l’auteur nous apprend que l’auteur de la citation est d’Adolf Hitler et que les phrases ne sortent pas d’un quelconque journal intime d’adolescent perturbé mais sont issues de Mein Kampf. oui oui.
Passée cette brutale entrée en matière, Gimpel raconte, assez bien, comment l’artiste est passé au fil des siècles du statut de simple artisan, maillon de la société au même titre que le boulanger et le charpentier, à celui de sur-homme, de quasi divinité, dégagé de toute obligation morale et dont les caprices sont pardonnés avec une indulgence confondante. Il raconte quel décalage peut exister chez un même artiste entre une œuvre relevant de " l’art pour l’art " soutenue par un discours et des postures tout aussi révolutionnaires, et une pensée et une existence centrées sur une vie toute matérielle et mues par un souci de reconnaissance et d’ascension sociale parfois navrantes ...
Il y a bien dans ce livre une authentique détestation de l’art et des artistes, le titre n’est en rien une exagération. Si l’on en croit la quatrième de couverture de la première édition, Jean Gimpel a décidé un jour de bannir toute œuvre d’art de son existence. Voilà bien le genre de révolte que ne peuvent se permettre que les gens qui ont grandi entourés de tableaux de maîtres !
Pour conclure disons que Contre l’art et les artistes est sans doute un livre à lire, mais à lire en gardant une pleine conscience de ses lacunes et de son caractère excessif et partial (Il y a, au fond, dans tout pamphlet, beaucoup d’amour déçu, écrit Philippe Delaveau en préface à la seconde édition)
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