lundi 10 août 2009

Shadow Art

Un peu d'art ca faisait longtemps et ca ne fait pas de mal .. en l'occurrence l'art des ombres et celui de jouer de notre perception des choses .. Rien d'exceptionnel ni de nouveau mais c'est beau !

Real Life is Rubbish, 2002

He / She, 2003

 
Real Life is Rubbish, 2002

Dirty White Trash (With Gulls), 1998

Metal Fucking Rats With Heart Shaped Tail, 2007

Dark Stuff, 2008 

mercredi 17 juin 2009

Just electro !

Crystal Castles - Courtship Dating :



Birdy Nam Nam - The Parachute Ending :



Shake - Soundblaster :



 petit délire psyché .. Larytta - souvenir de chine :  pauvre canard ..

mardi 9 juin 2009

Jam session 58

Une petite Jam Session cuvée 1958 Live in New Orleans avec George Lewis, Punch Miller, Charlie Love, Percy Humphrey, Peter Bocage, Louis Nelson, Jim Robinson, George Guesnon, Sweet Emma Barrett, Armand Hug ... Je vous laisse apprécier c'est Uptown bumps :




Et parce que je suis toujours étonné de la merde qu'on nous sert a toutes les sauces, pire, que l'on essaie de nous vendre (sauf label et radio d'exceptions qui tendent a disparaitre forcement .. Mais parait que les gens aiment ça la merde qu'on leur vend et puis c'est la faute a tous ces pirates aussi faut dire !) rajoutons en une couche tant qu'il est temps ..

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I say French Clip !

Jacques Dutronc - L'idole :



Frédéric Recrosio - Les filles sont folles :



OVNI vintage made in St Tropez by St Tropez, Belle de jour :

vendredi 5 juin 2009

Matin brun ...

Charlie et son copain vivent une époque trouble, celle de la montée d'un régime prolitique extrême : l'Etat brun. Dans la vie, ils vont d'une façon bien ordinaire : entre bière et belote. Ni héros ni salauds. Simplement, pour éviter les ennuis, ils détournent les yeux. Sait-on assez où risquent de nous mener collectivement les petites lâchetés de chacun d'entre nous ?

Matin brun, en référence aux "chemise brune" (surnom donné aux miliciens nazis) est une métaphore antifasciste contre la pensée unique. Edité en 1998, Le livre a connu un grand succès en 2002 (plus d'un million d'exemplaires vendus) Après l'erreur du premier tour de l'élection présidentielle de cette meme année ..


Les jambes allongées au soleil, on ne parlait pas vraiment avec Charlie, on échangeait des pensées qui nous couraient dans la tête, sans bien faire attention à ce que l’autre racontait de son côté. Des moments agréables où on  laissait filer le temps en sirotant un café. Lorsqu’il m’a dit qu’il avait dû faire piquer son chien, ça m’a surpris, mais sans plus. C’est toujours triste un clebs qui vieillit mal, mais passé quinze ans, il faut se faire à l’idée qu’un jour ou l’autre il va mourir.

- Tu comprends, je pouvais pas le faire passer pour un brun.
- Ben, un labrador, c’est pas trop sa couleur, mais il avait quoi comme maladie ?
- C’est pas la question, c’était pas un chien brun, c’est tout.
- Mince alors, comme pour les chats, maintenant ?
- Oui, pareil.

Pour les chats, j’étais au courant. Le mois dernier, j’avais dû me débarrasser du mien, un de gouttière qui avait eu la mauvaise idée de naître blanc, taché de noir. C’est vrai que la surpopulation des chats devenait insupportable, et que d’après ce que les scientifiques de l’État national disaient, il valait mieux garder les bruns. Que des bruns. Tous les tests de sélection prouvaient qu’ils s’adaptaient mieux à notre vie citadine, qu’ils avaient des portées peu nombreuses et qu’ils mangeaient beaucoup moins. Ma fois un chat c’est un chat, et comme il fallait bien résoudre le problème d’une façon ou d’une autre, va pour le décret qui instaurait la suppression des chats qui n’étaient pas bruns. Les milices de la ville distribuaient gratuitement des boulettes d’arsenic. Mélangées à la pâtée, elles expédiaient les matous en moins de deux. Mon coeur s’était serré, puis on oublie vite. Les chiens, ça m’avait surpris un peu plus, je ne sais pas trop pourquoi, peutêtre parce que c’est plus gros, ou que c’est le compagnon de l’homme comme on dit. En tout cas Charlie venait d’en parler aussi naturellement que je l’avais fait pour mon chat, et il avait sans doute raison. Trop de sensiblerie ne mène pas à grand-chose, et pour les chiens, c’est sans doute vrai que les bruns sont plus résistants. On n’avait plus grand-chose à se dire, on s’était quittés mais avec une drôle d’impression. Comme si on ne s’était pas tout dit. Pas trop à l’aise. Quelque temps après, c’est moi qui avais appris à Charlie que le Quotidien de la ville ne paraîtrait plus. Il en était resté sur le cul : le journal qu’il ouvrait tous les matins en prenant son café crème !

- Ils ont coulé ? Des grèves, une faillite ?
- Non, non, c’est à la suite de l’affaire des chiens.
- Des bruns ?
- Oui, toujours. Pas un jour sans s’attaquer à cette mesure nationale. Ils allaient jusqu’à remettre en cause les résultats des scientifiques. Les lecteurs ne savaient plus ce qu’il fallait penser, certains même commençaient à cacher leur clébard !
- À trop jouer avec le feu...
- Comme tu dis, le journal a fini par se faire interdire.
- Mince alors, et pour le tiercé ?
- Ben mon vieux, faudra chercher tes tuyaux dans les Nouvelles Brunes, il n’y a plus que celui-là. Il paraît que côté courses et sports, il tient la route.

Puisque les autres avaient passé les bornes, il fallait bien qu’il reste un canard dans la ville, on ne pouvait pas se passer d’informations tout de même. J’avais repris ce jour-là un café avec Charlie, mais ça me tracassait de devenir un lecteur des Nouvelles Brunes. Pourtant, autour de moi les clients du bistrot continuaient leur vie comme avant : j’avais sûrement tort de m’inquiéter.  Après ça avait été au tour des livres de la bibliothèque, une  histoire pas très claire, encore.

Les maisons d’édition qui faisaient partie du même groupe financier que le Quotidien de la ville, étaient poursuivies en justice et leurs livres interdits de séjour sur les rayons des bibliothèques.
Il est vrai que si on lisait bien ce que ces maisons d’édition continuaient de publier, on relevait le mot chien ou chat au moins une fois par volume, et sûrement pas toujours assorti du mot brun. Elles devaient bien le savoir tout de même.

- Faut pas pousser, disait Charlie, tu comprends, la nation n’a rien à y gagner à accepter qu’on détourne la loi, et à jouer au chat et à la souris. Brune, il avait rajouté en regardant autour de lui, souris brune, au cas où on aurait surpris notre conversation. Par mesure de précaution, on avait pris l’habitude de rajouter brun ou brune à la fin des phrases ou après les mots. Au début, demander un pastis brun, ça nous avait fait drôle, puis après tout, le langage c’est fait pour évoluer et ce n’était pas plus étrange de donner dans le brun, que de rajouter putain con, à tout bout de champ, comme on le fait par chez nous. Au moins, on était bien vus et on était tranquilles. On avait même fini par toucher le tiercé. Oh, pas un gros, mais tout de même, notre premier tiercé brun. Ça nous avait aidés à accepter les tracas des nouvelles réglementations. Un jour, avec Charlie, je m’en souviens bien, je lui avais dit de passer à la maison pour regarder la finale de la Coupe des coupes, on a attrapé un sacré fou rire. Voilà pas qu’il débarque avec un nouveau chien ! Magnifique, brun de la queue au museau, avec des yeux marron.

- Tu vois, finalement il est plus affectueux que l’autre, et il m’obéit au doigt et à l’oeil. Fallait pas que j’en fasse un drame du labrador noir.

A peine il avait dit cette phrase, que son chien s’était précipité sous le canapé en jappant comme un dingue. Et gueule que je te gueule, et que même brun, je n’obéis ni à mon maître ni à personne ! Et Charlie avait soudain compris.

- Non, toi aussi ?
- Ben oui, tu vas voir.

Et là, mon nouveau chat avait jailli comme une flèche pour grimper aux rideaux et se réfugier sur l’armoire. Un matou au regard et aux poils bruns. Qu’est ce qu’on avait ri. Tu parles d’une coïncidence !

- Tu comprends, je lui avais dit, j’ai toujours eu des cha ts, alors... Il est pas beau, celui-ci ?
- Magnifique, il m’avait répondu.

Puis on avait allumé la télé, pendant que nos animaux bruns se guettaient du coin de l’oeil. Je ne sais plus qui avait gagné, mais je sais qu’on avait passé un sacré bon moment, et qu’on se sentait en sécurité. Comme si de faire tout simplement ce qui allait dans le bon sens dans la cité, nous rassurait et nous simplifiait la vie. La sécurité brune, ça pouvait avoir du bon. Bien sûr je pensais au petit garçon que j’avais croisé sur le trottoir d’en face, et  lui pleurait son caniche blanc, mort à ses pieds. Mais après tout, s’il écoutait bien ce qu’on lui disait, les chiens n’étaient pas interdits, il n’avait qu’à en chercher un brun. Même des petits, on en trouvait. Et comme nous, il se sentirait en règle et oublierait vite l’ancien.

Et puis hier, incroyable, moi qui me croyais en paix, j’ai failli me faire piéger par les miliciens de la ville, ceux habillés de brun, qui ne font pas de cadeau. Ils ne m’ont pas reconnu, parce qu’ils sont nouveaux dans le quartier et qu’ils ne connaissent pas encore tout le monde. J’allais chez Charlie. Le dimanche, c’est chez Charlie qu’on joue à la belote. J’avais un pack de bières à la main, c’était tout. On devait taper le carton deux, trois heures, tout en grignotant. Et là, surprise totale : la porte de son appart avait volé en éclats, et deux miliciens plantés sur le palier faisaient circuler les curieux. J’ai fait semblant d’aller dans les étages du dessus et je suis redescendu par l’ascenseur. En bas, les gens parlaient à mi-voix.

- Pourtant son chien était un vrai brun, on l’a bien vu, nous !
- Oui, mais à ce qu’ils disent, c’est que avant, il en avait un noir, pas un brun. Un noir.
- Avant ?
- Oui, avant. Le délit maintenant, c’est aussi d’en avoir eu un qui n’aurait pas été brun. Et ça, c’est pas difficile à savoir, il suffit de demander au voisin.

J’ai pressé le pas. Une coulée de sueur trempait ma chemise. Si en avoir eu un avant était un délit, j’étais bon pour la milice. Tout le monde dans mon immeuble savait qu’avant j’avais eu un chat noir et blanc. Avant ! Ça alors, je n’y aurais jamais pensé ! Ce matin, Radio brune a confirmé la nouvelle. Charlie fait sûrement partie des cinq cents personnes qui ont été arrêtées. Ce n’est pas parce qu’on aurait acheté récemment un animal brun qu’on aurait changé de mentalité, ils ont dit.

« Avoir eu un chien ou un chat non conforme, à quelque époque que ce soit, est un délit. » Le speaker a même ajouté « Injure à l’État national. » Et j’ai bien noté la suite. Même si on n’a pas eu personnellement un chien ou un chat non conforme, mais que quelqu’un de sa famille, un père, un frère, une cousine par exemple, en a possédé un, ne serait ce qu’une fois dans sa vie, on risque soi-même de graves ennuis. Je ne sais pas où ils ont amené Charlie. Là, ils exagèrent. C’est de la folie. Et moi qui me croyais tranquille pour un bout de temps avec mon chat brun. Bien sûr, s’ils cherchent avant, ils n’ont pas fini d’en arrêter des proprios de chats et de chiens. Je n’ai pas dormi de la nuit. J’aurais dû me méfier des bruns dès qu’ils nous ont imposé leur première loi sur les animaux. Après tout, il était à moi mon chat, comme son chien pour Charlie, on aurait dû dire non. Résister davantage, mais comment? Ça va si vite, il y a le boulot, les soucis de tous les jours. Les autres aussi baissent les bras pour être un peu tranquilles, non? On frappe à la porte. Si tôt le matin, ça n’arrive jamais. J’ai peur. Le jour n’est pas levé, il fait encore brun au dehors.

jeudi 4 juin 2009

I'm just a child

Severn Cullis-Suzuki, Ou comment une jeune fille de 14 ans remet a sa place l'Organisation des Nations Unis ! Ca se passe en 1992 et faut croire que ça ne les a pas ébranlés une seconde ..



Puis elle nous livre son point de vue (en Anglais) dans une interview en Janvier 2009 ...

mercredi 3 juin 2009

Michel, Jamel, Weed ?

Michel Houellebecq - Playa Blanca :



Jamel debbouze, en fumant une clope rencontre un sdf et décide de le faire venir sur scène .. du coup l'histoire se transforme en récolte pour ce mec qui n'oubliera jamais cette soirée .. (ou pas)


Dans le cadre de la campagne de je ne sais quel saison de weeds, les réalisateurs nous offrent l'histoire de la dite weed ..

vendredi 29 mai 2009

The corporation

Atteintes à l'environnement, pillage des ressources naturelles, pollutions, empoisonnement des personnes et de la biosphère, soutien aux dictateurs de tous poils, exploitation féroce de la main d'œuvre la plus fragile, privatisation du vivant, spoliation des ressources naturelles, le bilan de l'activité des sociétés dans le monde parle de lui-même .. Et après cela, demandez-vous quelle est la crédibilité d'une société quand elle fait pression sur les gouvernements pour autoriser l'usage des OGM, sensés lutter contre la faim dans le monde .. Bref vous comprendrez surement aussi après ces deux heures de documentaire, (si vous ne l'avez pas encore compris !) pourquoi les gouvernements veulent de l'hadopi, du loppsi, filent des milliards d'euros aux actionnaires des banques et autres sociétés, pendant que le taux du livret A est abaissé a son niveaux le plus bas depuis sa création ... Unissons nous ou crevons, mais choisissons ! Et si t'étais déjà au courant fait tourner chez ton voisin avant que ce soit supprimé de la toile !










lundi 18 mai 2009

Cannes 2009

Festival oblige, une petite sélection de film a venir .. En commençant par le très attendu Public Enemies de Michael Mann. On y découvre Johnny Depp, Marion Cotillard et Christian Bale dans l’Amérique en crise des années 1930.


"Taking Woodstock" ... après des films tels que Tigre et dragon ou Lust Caution, le réalisateur Ang Lee revient chez les hippies .. Taking Woodstock se veut délirant et se présente avec une bande-annonce "flower power" :


Avec l’aide de Vincent Gallo, le cinéaste revient aux conflits et secrets familiaux – sans mafia, cette fois. Avant d’être présenté en ouverture de la Quinzaine des réalisateurs, ce nouveau film se dévoile par de très belles premières images. "Tetro" de Francis Ford Coppola :


Dans son prochain film, The Girlfriend Experience, Steven Soderbergh filme l’actrice porno Sasha Grey dans la peau d’une prostituée de luxe de Manhattan.


"Whatever Works" de Woody Allen. Le cinéaste interrompt son escapade européenne le temps d’une nouvelle comédie .. Le retour de Woody à New-York se dévoile dans cette petite bande annonce avant la sortie du film le 1er juillet.


Et je ne terminerais pas cet article sans ce documentaire intitulé Mon voisin, mon tueur, réalisé par Anne Aghion. Il est présenté au festival de Cannes en Séances Spéciales. Celui-ci se penche sur le génocide au Rwanda et pose la question du pardon : Comment peut-on pardonner à ceux qui ont massacré notre famille ? Et qui pourtant étaient nos voisins ! La réalisatrice a filmé pendant près de dix ans les procès du Gacaca : des tribunaux de proximités dans lesquels les Tutsi sont amenés à juger les Hutus… Et à établir une réconciliation. Ceux qui avouent leurs crimes sont relâchés, tandis que les survivants sont aidés à surpasser leur traumatisme et à vivre à leurs côtés. Des témoignages incroyables où chaque camp prend la parole à son tour. En témoignent ces deux extraits déchirants où des mères font face à ceux qui ont tué leur enfant. Un message de paix à la fois beau et douloureux pour lequel il n’y pas encore de date de sortie en salles.


du stop motion ?

Un allemand de 27 ans, Christoph Rehage, a parcouru pendant un an 4646 km à travers la Chine de Pekin à Ürümqi en passant par le désert de Gobi. Se prenant en photo a intervalles régulier il nous offre sa transformation :


Vision un petit film créé par Kirsten Murray et Matt McArthur, Anna Muckart et Ben Symes au dessin pour "the Vision art and design exhibition 2007" .. La musique est de Four Tet :


Un autre court métrage réalisé par Matt Watkins feat Lucy McLauchlan. Tacite tourné entre Birmingham et la Walsall Art Gallery :

mardi 5 mai 2009

William S. Burroughs

Petit hommage à William S. Burroughs .. Son Amérique était celle des excès, celle du libre arbitre. Sa littérature, celle des expériences. Il y a dix ans, le 2 août 1997, William Seward Burroughs laissait les Arts orphelins. De sa longue carrière subsiste une œuvre vaste et atypique qui porte les stigmates d’un siècle de tourmente ..


Sa démarche artistique anti-conformiste, sa vie en marge de la société et ses œuvres dérangeantes font de William Burroughs un écrivain à part, souvent méconnu. Si aujourd’hui l’on s’accorde communément à rendre hommage à son incroyable talent, sa carrière est à ses débuts ponctuée de heurts et de rejets populaires. Certains de ses textes ne passeront la censure américaine qu’au terme de longues années, et ses frasques personnelles le retiendront longtemps hors de son Amérique natale dont pourtant, malgré l’irrévérence et le réalisme sordide, il n’aura de cesse de dresser le portrait.

Bien qu’il soit l’ami intime de Jack Kerouac ou de Allen Ginsberg - dont il sera l’amant -, Burroughs reste relativement éloigné des idéaux et du mysticisme de la Beat generation. Il forme cependant, avec ses deux complices, le triangle central de ce courant littéraire majeur, symbolisé par le ’Sur la route’ de Kerouac et ‘Howl’ de Ginsberg. Mais pour Burroughs, l’approche transcendantale de l’expérience ne relève pas d’une étude suffisamment objective de la réalité. Là où ses camarades s’inspirent de la philosophie orientaliste, il oppose un factualisme consciencieux, même au plus fort des fulgurances psychotiques.

Burroughs et Madonna

De l’étude de l’addiction

Dans le milieu des années 1940, alors qu’il cohabite avec Jack Kerouac dans l’appartement de sa future épouse Joan Vollmer, Burroughs s’essaie pour la première fois à ce qui deviendra son pire ennemi et le moteur de son oeuvre : l’héroïne. Aussi indissociable de son travail d’artiste que sa formation à la psychanalyse et l’étude de la littérature, l’addiction de Burroughs joue un rôle majeur dans sa vie.

De son apprentissage et de son goût pour les drogues en tout genre - les opiacés surtout - Burroughs nourrit sa prose. Dès son premier roman publié en 1953, l’ostensiblement nommé ‘Junky’, il peint l’enfer de la dépendance et les implications quotidiennes d’une vie de drogué. Avec le sens du détail de l’“observateur observé”, Burroughs s’auto-analyse, dresse le tableau de ce qu’il appelle l’“algèbre du besoin”, l’éventail des symptômes de l’addiction. ‘Queer’, ne sera publié que des années après sa rédaction en 1952. Burroughs y aborde (tout aussi clairement qu’avec ‘Junky’) ses expériences homosexuelles qui elles aussi l’excluent des standards sociaux américains. Là encore, le souci du vrai le pousse à aborder la réalité au plus près de son histoire personnelle, repoussant les limites de la fiction.


De l’aventure du ‘Festin nu’

En 1951, mu par le pouvoir désinhibant des substances qu’il consomme, Burroughs veut réitérer les célèbres exploits de Guillaume Tell et tue accidentellement sa femme d’une balle dans la tête. Inculpé pour homicide, il fuit en Amérique du Sud à la recherche d’une substance hallucinogène, le yage puis part pour Tanger, au Maroc. Burroughs s’enfonce dans l’enfer de la drogue. Pour tenter de vaincre l’emprise des stupéfiants, il enchaîne, avec peu de succès, les cures de désintoxication et se réfugie dans l’écriture. Le travail est laborieux, entrecoupé de crises de manque ou de délires psychotiques. Il est rejoint par ses amis de plume. Kerouac lui souffle le titre du manuscrit décousu qu’ils découvrent : ‘Le Festin nu’ et, aidé de Ginsberg, s’attelle à recopier les passages descriptibles du texte et à en ordonner les chapitres. Mais l’éditeur Maurice Girodias, d’Olympia Press à Paris, refuse le texte qu’il trouve trop “fouillis”. Venu s’installer au Beat Hotel à Paris, en meilleure santé, Burroughs remanie largement son manuscrit, revoit le chapitrage et la chronologie. Girodias accepte finalement de le publier en 1959.

Aux Etats-Unis, le texte est jugé obscène. Partant d’une description de la dépendance aux drogues pour investir le champ de réaction interne, Burroughs y décrit le voyage halluciné d’un homme à Interzone, territoire inconnu aux ramifications quasi-neuronales. Pour certains ‘Le Festin nu’ n’est que le délire exalté d’un drogué notoire, pour d’autres il est le voyage extraordinaire d’un artiste aux frontières de la raison... “Héroïne-opium-morphine-palfium : tout ça pour te délivrer du singe, le singe monstrueux du besoin qui te ronge la nuque et te grignote toute forme humaine... Mais le résultat est invariable... C’est le singe qui connaît l’algèbre...” Le livre est adapté au cinéma par David Cronenberg en 1991 sur un scénario co-écrit avec l’auteur.


 
De la science en fiction

Difficile de classer l’œuvre de William Burroughs tant elle emprunte à la fois à l’expérience réelle et aux déformations imposées par la soumission aux drogues. Pour la trilogie qu’il publie au début des années 60, l’écrivain invente un univers mythologique marqué par d’incessantes guerres dont les protagonistes se confondent, hésitant entre agresseurs et victimes. Dans ‘La Machine molle’ (1960), ‘Le Ticket qui explosa’ (1961) et ‘Nova Express’ (1962), les figures sont en perpétuelle transformation, et les frontières du réel s’avèrent perméables. Souvent classée au rayon science-fiction, son œuvre en a pourtant plus la forme que le fond, et tient plus d’un réalisme magique que d’une véritable anticipation.

Installé à Londres où les cures d’anamorphine ont raison de sa dépendance, Burroughs entre dans une nouvelle phase créative. Il publie tour à tour ‘Les Garçons sauvages : un livre des morts’, ‘Exterminateur !’ et ‘Havre des Saints’, ses “Romans londoniens”. Apaisé, assagi, il regagne les Etats-Unis où son statut d’écrivain non-conformisme fait de lui l’icône de toute une génération d’artistes américains. L’homme de lettres se doit d’être immortalisé en images. De David Cronenberg à Gus Van Sant en passant par U2, dans les années 80 et 90, nombreux sont ceux qui collaborent avec le vieil homme, accompagné de son fusil et de ses chats.

De la dislocation des standards littéraires

De l’étude de la médecine à Vienne dans les années 30, Burroughs acquiert l’intérêt pour la chimie du cerveau. De ses études à Harvard, il conserve l’amour des lettres. Autant de pistes qui éclairent la voie littéraire qu’emprunta cet immense artiste. Combinaison de ses passions et de sa dépendance létale, le travail de Burroughs trouve sa profonde originalité dans une réappropriation des standards littéraires autant que dans une composition renouvelable et transformable. L’amoureux de Kafka et de Dostoïevski élargi le champ des possibles à coups d’innovations stylistiques. Burroughs élabore ainsi des techniques narratives tels le cut-up (découpage et recréation d’un texte à partir d’éléments décousus, parfois empruntés à d’autres auteurs) ou le fold-in (pliage) qui reflètent l’intangibilité et la mutabilité du monde. Quant au fond, et ce malgré l’influence de la drogue, il prône le factualisme ou philosophie de l’ordinaire. Pour l’héritier du béhaviorisme - étude de la psychologie humaine en fonction du comportement -, le souci de la vérité et de l’objectivité laisse peu de place à la rhétorique. Au fond Burroughs crée ses propres codes littéraires, ses propres outils pour composer un monde tangible, mobile, où la réalité si précieuse n’a de sens que si elle est plurielle et fluctuante.

Ardent défenseur du libre arbitre, héros désœuvré d’une œuvre habitée, souvent considérée comme glauque et pessimiste, William S. Burroughs a rejoint, comme ses complices Kerouac et Ginsberg, le panthéon des lettres américaines. Ses textes restent des hymnes à la liberté et au refus de toutes les coercitions. De sa dépendance, il a fait un outil de tolérance et d’ouverture aux mutations sociales. Son écriture porte à jamais une atemporelle modernité et ses romans conservent l’angoissante vision d’un monde précipité vers sa chute.

Puis un petit bonus avec une vidéo où Ethan Hawke nous emmène sur la route avec GREGORY CORSO où l'on retrouve Kerouac, Ginsberg et Burroughs ..


(source Evene, entre autres ..)

samedi 2 mai 2009

Do Ré Mi story

Tout le monde un jour a du se poser la question : D'où vient ce fameux "do, ré, mi, fa, sol, la, si" ? Et si vous vous l'êtes jamais demandé .. je l'ai fait pour vous ! Alors l'histoire dirait que pendant des siècles les musiciens durent apprendre la musique et le chant par mémorisation des sons et répétition des mélodies .. Pas simple ..  Jusqu’au jour où le moine Guido d’Azzo (Xe-XIe siècle) décida d’identifier et de nommer les sons entendus afin de faciliter l’apprentissage de la musique à ses élèves. Forcement après les avoir identifiés, il fallut bien leur donner un nom à tous ces sons ! Guido eut alors l’idée de prendre les premières syllabes d’un poème latin de Paul Diacre, un hymne à saint Jean-Baptiste, que voici :

Ut queant laxis
Resonare fibris
Mira gestorum
Famuli tuorum,
Solve polluti
Labii reatum,
Sancte Ioannes

Les notes furent ainsi nommées : ut, ré, mi, fa, sol, la, si .. Puis un jour en 1673, la syllabe “ut” se terminant par une consonne et étant difficile à chanter, fut remplacé par “do” (de Dominus signifiant Dieu en latin ..) Et voilà que ces 7 "notes" parcours les siècles, font leur histoire, chacune formant des alliances avec leur voisine, jusqu'à former des accords magiques pour le bonheur de tous ..



Et voilà que les plus grands tubes de ces dernières années sont quasiment tous fait avec la même suite de quatre accords à savoir la mineur, fa majeur, do majeur et sol majeur .. Vous pouvez vous dire en voyant ça  “put@!# on m’aurait fait avaler la même merde toutes ces année?!” Oui. Enfin presque .. Disons que ca reflète une époque .. Et que nos musiciens les plus assidus s'evertuent a trouver d'autres mélodies, d'autres accords, d'autres chemins pour satisfaire nos oreilles capricieuses ... Merci à eux.

mardi 28 avril 2009